Scène de crime
J'ai conscience du paradoxe : dénoncer l'occultisme judéo-chrétien contre la masturbation, et dans le même mouvement décider d'arrêter de la pratiquer. C'est en partie donner raison à la religion. Mais de la même façon, continuer à se secouer juste parce que cela va à l'encontre de la morale, la masturbation rebelle, c'est aussi sot. Qu'on se rassure, aucun argument religieux n'entre en compte dans ma décision de mettre un terme à ma dérive. C'est le constat de la dérive elle-même qui me motive. Et ses conséquences.
Dérive en effet, quand on pense qu'un bon exercice peut aujourd'hui m'occuper entre deux et six heures. Déjà, deux heures, quand j'y pense je meurs de honte. C'est absolument terrifiant, deux heures le sexe en main, plus ou moins tendu, sans la moindre conscience du monde qui m'entoure. Deux heures d'une apnée intellectuelle, plongée monomaniaque dans un fantasme dont rien, rien au monde, ne sait m'extraire. Absorbé chaque seconde par l'écran de mon ordinateur, à surfer de site porno en site porno, et de fenêtre de dialogue privé en tchatte de cul. Deux heures, c'est énorme. Alors six.
Rien d'autre n'existe, c'est effarant. J'ouvre la fenêtre du navigateur, je tape wild-cherries.com et hop ! je n'existe plus. Le téléphone peut bien sonner, m'en fous. On peut frapper à ma porte, rien à battre. Je trouve toutes les excuses pour arriver en retard à mes rendez-vous. C'est une histoire dans laquelle personne ne peut intervenir, une histoire entre mon écran et moi. Moi qui ne suis plus moi.
Comment ça se passe ? C'est assez simple : pendant ces heures-là je me fais passer pour une fille. Les sites porno soufflent sur les braises de mes fantasmes, et comme on trouve absolument et véridiquement de tout sur le net, je n'ai aucun mal à prendre feu. Puis, par un processus étrange sur lequel je reviendrai, j'atterris systématiquement sur un serveur de discussion où je m'invente une personnalité féminine. Et là, je fais vivre à mon avatar toutes les humiliations. Ca marche à tous les coups. Normal, je sais ce que les mecs aiment, j'en suis un.
En parallèle je saute de site en site à la recherche de la fille parfaite. C'est une fille qu'on appelle "amateur", pas trop belle, mais pas banale. Une vingtaine d'années. Et si possible plusieurs séries de photos différentes. Quand je l'ai trouvée, la discussion prend un autre tour : un coup de photoshop et j'envoie mon portrait à qui veut l'avoir. Je ne suis plus un nom, je suis une image. Et puisque cette image a été faite, c'est que j'existe vraiment. Derrière son clavier, mon correspondant croit que je suis réelle. Le tour est joué. C'est parti pour deux à six heures de fantasme. C'est n'importe quoi.
Dérive en effet, quand on pense qu'un bon exercice peut aujourd'hui m'occuper entre deux et six heures. Déjà, deux heures, quand j'y pense je meurs de honte. C'est absolument terrifiant, deux heures le sexe en main, plus ou moins tendu, sans la moindre conscience du monde qui m'entoure. Deux heures d'une apnée intellectuelle, plongée monomaniaque dans un fantasme dont rien, rien au monde, ne sait m'extraire. Absorbé chaque seconde par l'écran de mon ordinateur, à surfer de site porno en site porno, et de fenêtre de dialogue privé en tchatte de cul. Deux heures, c'est énorme. Alors six.
Rien d'autre n'existe, c'est effarant. J'ouvre la fenêtre du navigateur, je tape wild-cherries.com et hop ! je n'existe plus. Le téléphone peut bien sonner, m'en fous. On peut frapper à ma porte, rien à battre. Je trouve toutes les excuses pour arriver en retard à mes rendez-vous. C'est une histoire dans laquelle personne ne peut intervenir, une histoire entre mon écran et moi. Moi qui ne suis plus moi.
Comment ça se passe ? C'est assez simple : pendant ces heures-là je me fais passer pour une fille. Les sites porno soufflent sur les braises de mes fantasmes, et comme on trouve absolument et véridiquement de tout sur le net, je n'ai aucun mal à prendre feu. Puis, par un processus étrange sur lequel je reviendrai, j'atterris systématiquement sur un serveur de discussion où je m'invente une personnalité féminine. Et là, je fais vivre à mon avatar toutes les humiliations. Ca marche à tous les coups. Normal, je sais ce que les mecs aiment, j'en suis un.
En parallèle je saute de site en site à la recherche de la fille parfaite. C'est une fille qu'on appelle "amateur", pas trop belle, mais pas banale. Une vingtaine d'années. Et si possible plusieurs séries de photos différentes. Quand je l'ai trouvée, la discussion prend un autre tour : un coup de photoshop et j'envoie mon portrait à qui veut l'avoir. Je ne suis plus un nom, je suis une image. Et puisque cette image a été faite, c'est que j'existe vraiment. Derrière son clavier, mon correspondant croit que je suis réelle. Le tour est joué. C'est parti pour deux à six heures de fantasme. C'est n'importe quoi.

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